Zazie (+ Ours) au Zénith de Paris

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Avant de se laisser glisser dans le tourbillon des festivals d’été, Zazie a eu la bonne idée d’investir le Zénith durant trois jours. Un rendez-vous incontournable pour moi, admirateur discret d’une sauvageonne en liberté qui a toujours su délivrer ses émotions volatiles sur fond de sonorités électriques. Bref, ce soir, j’avais l’envie. En première partie, un gentil Ours nous allécha par ses jeux de mots posés sur une rythmique balancée qui n’en finit pas.

« Tu fais la pluie… tu fais le beau temps… tu es l’ombre et la lumière… tu es le ciel et l’enfer » Les pluies battantes de fin de journée sont souvent l’occasion de se remémorer quelques douces paroles d’une chanson de circonstance. Mais voilà, je n’ai pas attendu le beau temps pour rejoindre le Zénith et priais le ciel qu’un café chaud m’y attendrait. Non que je ne partage aucune affinité avec les ballets d’eaux verticales. Bien au contraire, j’aurais même tendance à m’y laisser arroser. Mais durant ces instants magiques où la fraîcheur vous ruisselle sur tout le corps jusqu’au creux de l’âme, il en est un qui mugit d’un déclic aussi faiblard que plaintif : mon appareil photo.

Ours (web)

On aurait pu l’imaginer mal lèché et bougonnant au fond de la scène. Il n’en fut rien. L’Ours qui nous est apparu sous les feux brumeux du Zénith ressemblait davantage à un petit animal tranquille flanqué d’une guitare complice. Nous avons eu droit à cinq balades, toutes plus étonnantes les unes que les autres. Du « Cafard des fanfares » à « La Maison de mes parents », Ours se joue des mots avec un sourire à peine dissimulé. L’entrée dans son univers très personnel se fait progressivement. Il ne se dévoile d’ailleurs complètement qu’après une écoute prolongée. S’il n’a pas la happy feet, il possède en revanche une happy hand. La droite. Telle une patte qui semble s’abattre sur sa victime, elle gravite inlassablement au-dessus de sa tête pour finalement se laisser choir au gré du rythme. Ou quand la bête s’amuse à dompter son public, attentif et médusé. Je me réjouis d’avance de pouvoir prochainement écouter ce petit être poilu pour un set entier.

Zazie (web)

Zazie à son Zénith en pleine zen attitude face à un public conquis d’avance. Pour son sixième album, plus mélancolique que les précédents opus, la fille étale coeur et émoi à s’y laisser prendre. Décidément, elle n’a pas son pareil pour nous embarquer dans sa galère, s’exprimant tantôt en des termes amers, tantôt par quelque espiègle pirouette. Qui donc en effet réussirait à nous faire entonner un « Toc toc toc, le loup te mangera » ? Alternant entre les titres de son dernier album Totem et des morceaux plus anciens, Zazie vit la scène comme une histoire sans lendemain : toujours plus intense sans jamais de compromis. La belle tourne en ronds, gambade sur place et plane au-dessus des moutons. Deux moutons, trois moutons… et puis s’en vont. Le public exhulte pour imploser littéralement avec Rodéo. Ambiance de feu. Et dire que sa tournée, qui a débuté à Nantes, ne fait que commencer… L’été sera chaud. Au pied des totems.

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