HibOO d’Scène : Marie Espinosa + Paul et Louise à la Loge
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La Loge est morte, vive la Loge ! Jadis endroit minuscule (à peine 20 personnes pouvaient espérer voir un artiste sur une scène d’à peine 2m de large) qui ferma en juin dernier, l’enseigne a désormais trouvé un nouveau refuge. Dans une cour intérieure rue de Charonne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’espace offert est ici sans comparaison possible : qualité sonore et visuelle bluffantes, confort (bien vu les p’tits coussins) … difficile pour un « petit » artiste de rêver mieux ! En ce 10 octobre, la charmante Marie Espinosa et le duo / trio Paul et Louise squattaient la scène. C’était bien.
- Date : 10.10.09
- Adresse : 77 rue de Charonne 75011 Paris
- Tél : 01 40 09 70 40
- Web : www.lalogeparis.fr
Attention peinture fraîche ! La Loge « Next Gen » n’a que 15 jours d’existence. Le retour fut marqué par une inauguration fracassante qui a quelque peu surpris le voisinage, habitué jusqu’alors à la quiétude absolue – effet cour intérieure oblige : plus de 400 personnes s’étaient empressées de (re)découvrir des artistes comme La Féline ou Baden Baden, des habitués de la « vieille » Loge. Le succès ne semble pas se tarir – bien qu’il soit trop tôt pour juger l’évolution, même si ce type de salles alternatives manquent cruellement – puisque ce vendredi soir fut un véritable succès. Par ailleurs, il faut dire qu’un staff sympa se fait de plus en plus rare en capitale : ici, on sait vous occuper durant l’attente de l’ouverture des portes, même quand ces dernières ont presque 30mn de retard : entre des tarifs très bas (2 euro le coca light, si si, et la barquette de jambon à 3 … si si), des anecdotes à la pelle, et l’indéniable charme d’Alice, la boss … mais ne nous égarons pas, ce billet est en théorie dédié aux artistes vedettes de ce vendredi soir.
Marie Espinosa (www.myspace.com/mariespinosa)
C’est un jour en cherchant son nom sur google, suite au visionnage de la déjantée série « Faites comme chez vous » (où elle jouait une ado mythonymphomane), que j’appris que l’actrice Marie Espinosa était devenue entre temps auteure, compositrice et interprète. Audrey a eu l’occasion de la voir à maintes reprises (au China ou encore au Réservoir et ses propos laudatifs, quasi dithyrambiques me donnèrent forcément l’envie de la rencontrer, scéniquement parlant (pour la petite histoire, je devais filmer Skip the Use mais un certain Ronan – qui devait filmer aussi, donc – se perdit sur une route directe Lille » Paris au point qu’il mit 7h pour arriver à la Capitale : bravo Ronan :)).
Et quelle surprise. Alors que Marie chante parfois « faux » (stress inside), alors que son tract est aussi perceptible qu’une goutte de sang dans un océan pour un requin, alors qu’elle semble complètement perdue sans la présence de son guitariste fétiche (Philippe Almosnino) avec qui elle ne peut croiser le regard pour fuir de temps à autre celui du public se situant à 2 pas d’elle, alors qu’elle se viande comme une débutante sur ses titres à la guitare, Marie Espinosa, miraculeusement, séduit, enchante et touche. Son imprécision et son imperfection deviennent une sorte d’arme absolue, où son trop plein émotionnel palpable (des yeux pétillants à la limite du pleur) révèle une finesse et une douceur certaine, et où son exigence se retrouvant fracassée permet d’aller à l’essentiel : Marie possède le p’tit truc. Reste désormais, comme le fit en son temps Loane, à dompter ses émotions pour offrir au public un set sans faille. Non pas dénué de pains – le pain c’est bon pour la santé, mais que l’on la sente à l’aise et épanouie. De toute façon, de la scène, elle va en manger, pour défendre son premier son album sortant à la fin du mois chez Remark Records / Mercury / Universal Music.
Paul et Louise (www.myspace.com/pauletlouise)
Découverte collatérale : c’est parce que j’ai passé 1 mois à réaliser mon tout premier EPK avec Mélanie Pain que je pris connaissance de ce projet rappelant inéluctablement Bonnie & Clyde ; en effet Matthieu, aka Paul, s’avère être le guitariste / pianiste accompagnant sur scène la muse de Nouvelle Vague pour défendre son premier opus My Name. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Paul et Louise sait y faire, en matière de live, et n’est pas sans rappeler tous ces groupes où l’on sent une forte influence matriarcale masculin/féminin (The Do, Cocoon, ou encore Moriarty) : l’homme amuse la galerie, la femme séduit en le faisant passer pour un crétin. Et de temps à autre, les rôles s’inversent, et une pseudo trame comique se crée. Les sourires décrispent, les rires ne peuvent être contenus, et il suffit alors à Paul et Louise d’interpréter dans une atmosphère plus que détendue un répertoire varié, brossant un ensemble de styles allant de la country en passant par la « chanson française » (si si, c’est un style à part entière, permettant, honteusement, de mettre dans le même panier Léo Ferré avec Grégoire, autant dire si ce n’est finalement pas l’étiquette la plus ouverte du rayon FNAC), avec quelques pointes de folk n’ rock …
Bien sûr, qui dit influences fortement américanisées dit « ça sonne mieux quand c’est chanté en anglais » et le cas Paul et Louise n’échappe pas à la règle : tous les titres pratiqués dans la langue d’Elvis Presley sonnent à l’unisson avec les accords et rythmiques déployés, ceux interprétés dans celle de Fabien Cahen manquant leur cible. Toutefois, dans le public – et quel public, que du fan ! – les alternances linguistinques semblent glisser sans la moindre anicroche. Parmi les titres à surveiller, le séduisant « Lover Killers » et son riff de guitare tonitruant, ou encore « un inédit, un vrai pas comme la dernière fois » (oui oui, c’est d’une précision d’orfèvre, et ça ne parlera qu’à ceux qui étaient présents, soit une soixantaine – voire davantage – de privilégiés).
Quoiqu’il en soit, le trio a su sans effort offrir au public gourmand une bonne heure de live qui a filé aussi vite que Flash peut courir. Et histoire de faire une pierre / deux coups, cette attachante formation se retrouve propulsée en première partie de Mélanie Pain pour sa date du 2 décembre à l’Européen. L’occasion idéale pour se forger un avis sur ces deux formations qui méritent le détour.
Enfin, je n’en doute pas un seul instant, pour beaucoup, LE concert où il fallait être était celui d’Archive au Zénith. C’est ça qui est bien à Paris, c’est que « ton meilleur concert à toi », ce n’est pas forcément celui où tout le monde se bat pour s’y rendre (signé : un mec super frustré de ne pas avoir eu le temps de pécho une place pour Prince, hin hin)
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions




yak 12.10.09 | 22:36
C’était samedi non?