Wu-Ji, La légende des Cavaliers du Vent
Tweet
Sur un champ de bataille, la petite Quincheng en quête de nourriture se trouve face à la déesse Manshen qui détient la carte du destin. Elle aide l’enfant, mais lui impose un pacte : « Tu seras adorée par les hommes les plus puissants, et leurs richesses seront à tes pieds. Mais tu n’obtiendras jamais l’amour vrai et si tu le rencontres, tu le perdras aussitôt. » Devenue Princesse, Quincheng ne peut influer sur le cours de son destin qui la condamne à ne jamais vivre le véritable amour. Elle ne le reconnaît pas alors qu’il se présente sous les traits d’un ancien esclave, Kunlun. Il tentera de la délivrer de sa promesse car selon la prophétie de la déesse, « le destin ne peut être changé à moins que le temps n’inverse son cours, que la rivière coule vers sa source et que l’homme mort ne ressuscite. » Mais, au pays des légendes et de l’amour éternel, tout est possible.
Le cinéma asiatique commence à gagner ses lettres de noblesse : si Tigres et Dragons avait ouvert la voie, ce sont surtout les magnifiques Hero et Le Secret des Poignards Volants qui ont permis au public occidental de découvrir un cinéma différent, novateur et superbement réalisé. Wu-Ji au vu de la bande annonce avait de quoi faire rêver. Une sorte de poésie de l’image et du son au service d’un scénario alléchant. Enorme déception.
A la première seconde du film, on est transporté dans un univers magnifique … le cadrage, les couleurs, la photo, les effets de mises au point démontrent de suite à la fois un goût incroyable géré par une technique irréprochable. La bande-annonce n’avait pas menti : Wu-Ji est un film d’une rare beauté, où certains passages sont d’une poésie émouvante. Les acteurs, d’une beauté incroyable, jalonnent des paysages somptueux et irréels. Le scénario une fois de plus est une histoire d’amour impossible, on en a désormais l’habitude, et l’intérêt vient de la trame et de sa manière d’être contée. La musique est très épique, violons et violoncelles appuyant au bon moment les actes de bravoure, d’amour et de sacrifice. Les costumes sont somptueux, et les chorégraphies d’arts martiaux, bien que rares, sont bluffantes. Wu-Ji chef d’oeuvre ?
Malheureusement non. Doté du budget le plus imposant pour un film asiatique (30 millions de dollars) le réalisateur Chen Kaige sombre très vite dans le côté obscur en incrustant des scènes digitales où Terminator 2 semble à côté prodigieux. On se retrouve avec des scènes bâclées, qui font malheureusement rire, et vu la connotation tragique de l’histoire, il est évident que ce n’est pas l’effet recherché. Mais on rit. Le réalisateur enchaine scènes magnifiques, inégalées dans le genre, avec effets ridicules et passages sans intérêt. Du coup, on hésite à rester pour admirer ou partir car on se sent lésé. Lésé car on ne peut rentrer vraiment dans l’histoire. Le scénario bien que maigre explore des pistes très intéressantes, elles-aussi sous-exploitées.
Wu-Ji prouve (encore eût-il été nécessaire de le prouver) que gros budget ne rime pas avec qualité. Certes le film regorge de passages à en rêver éveillé, mais son côté superproduction blockbuster gâche toute la poésie potentielle de l’oeuvre. Ca fait mal.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Pour afficher un avatar
/ votre photo avec votre
commentaire,
inscrivez-vous sur
www.gravatar.com