Peter Doherty (+Graham Coxon) au Zénith de Paris
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Tout ce que Paris compte de jeans slims, de franges destructurées et de blousons en cuir s’était donné rendez-vous lundi au Zénith pour le concert de Peter Doherty, revenu à Paris après deux Bataclan en mars pour défendre son album solo « Grace/Wastelands ». Avec, au bout du compte, une prestation en demi-teinte.
- Date : 05.10.09
- Adresse : 211, Avenue Jean Jaurès – 75019 PARIS
- Téléphone : 08.90.71.02.07
- Web : www.zenith-paris.com
Graham Coxon (www.myspace.com/gcoxon)
Après deux premières parties (Roses Kings Castles, projet du batteur des Babyshambles Adam Ficek, et Dot Allison) courtes et acoustiques, donc hyper adaptées à un Zénith (hin hin), on attendait avec impatience Graham Coxon, ancien guitariste du Blur des grandes années – précisons pour les moins de 20 ans – et qui a, en outre, travaillé avec Doherty sur son premier album solo. Pas n’importe qui, donc. Venu avec les morceaux de son dernier album solo (« The Spinning Top ») en bandoulière, de son groupe et de deux choristes, Coxon entame son set en acoustique. Seulement voilà, quand les cinq premiers rangs d’un zénith sont blindés de groupies qui mouillent pour Peeeeete et n’attendent que lui, il y a des paires de baffes qui se perdent. Difficile de suivre le set au milieu du brouhaha et des criaillements des greluches énamourées qui manifestement ne connaissent pas Coxon et n’avaient envie ni de découvrir sa musique ni même de montrer un semblant de politesse pour l’artiste et ceux qui auraient eu l’idée saugrenue de prêter l’oreille. Si bien que sur les morceaux calmes, dans les crash barrières, on entendait plus le poulailler derrière que la voix de Coxon. Un putain de comble !
L’anglais laisse échapper un « shut up » excédé entre ses dents et finit son set plein de morceaux emballants et de distorsions à la Sonic Youth l’air plus blasé que jamais. Ajoutons à ça des lumières moches ou inexistantes et un son médiocre et on aura une petite idée de l’écœurement ressenti en voyant un artiste tel que Graham Coxon autant saboté. Mais on se ferait une joie de le revoir dans de meilleures conditions.
Peter Doherty ( www.myspace.com/gracewastelands)
Etant donné que le public était là essentiellement pour Doherty, on s’attendait à un Zénith enflammé. Manque de chance, le public reste bien sagement assis dans les gradins et la fosse se manifeste 1- à son arrivée sur scène 2- pour balancer des bières, clopes ou cadeaux qui échouent plutôt sur la tête des photographes 3- sur quelques passages et la dernière du rappel « Fuck Forever ».
Même si les premiers rangs sont hystériques, l’ambiance est plus que fraîche, voire un peu amorphe. Pourtant, le garçon s’était paré d’un quatuor à cordes, d’un clavier, d’un Graham Coxon et de deux danseuses, en plus du guitare-basse-batterie classique de ses acolytes Stephen Street, Drew McConnell et Adam Ficek. Alors pourquoi l’impression que le set est dévidé plus que joué ? On se dit qu’il va se passer quelque chose, on attend qu’il se passe un truc. Et puis c’est déjà « Broken Love Song », « Albion » et le rappel. Trois morceaux dont « Time for Heroes » et « Fuck Forever » qui marche toujours pour clore le tout. Emballez, c’est pesé. Peter Doherty a du talent et des bonnes chansons. Il est devant un public qui n’attendait que lui. Son concert n’est pas mauvais.
Alors quoi ? Peut-être une question de salle, peut-être qu’au lieu d’un « petit » zénith avec rideaux il aurait mieux valu une salle plus intimiste avec un son autrement meilleur, un Olympia ou une Cigale. Dommage.
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