Julian Plenti is… Skyscraper
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Tracklist
- Only if You Run
- Fun That We Have
- Skyscraper
- Games for Days
- Madrid Song
- No Chance Survival
- Unwind
- Girl on the Sporting News
- On the Esplanade
- Fly as You Might
- H
Affranchis de son apparat de teenager rebelle et frustré, Paul Banks a entre temps gagné un peu d’argent, visité le Danemark, et acheté de nouvelles guitares. Il opte donc pour les lunettes et la moustache.
Quiconque conviendra qu’Interpol tient une place méritée dans le fleuron du rock new yorkais entend combien le groupe doit sa singularité lyrique à son baryton de chanteur, Julian Plenti, nouvel alter ego de Paul Banks. Dans ce premier album solo un brin schizophrène, le timbre éraillé de l’ex-frontman orchestre un jeu dont la justesse des textes le dispute à l’abondance mélodique.
Les claviers se voient confiés une place de choix, et les cordes cristallines des violons et guitares acoustiques rafraîchissent un ensemble somme toute convaincant. Une énergie sombre anime des instrumentaux progressifs. Les riffs retentissants de Only If You Run et Games for Days droit venus d’Interpol, l’électronique tranchante de Fun That We Have ou les sonorités orientalo-atmosphériques de H attestent d’une richesse de styles dont peu d’artistes dits post-punks peuvent se prévaloir. Aussi, en lissant les quelques spasmes expérimentaux de l’album et en lui procurant un relief accessible, il apporte une bouffée d’élégance au rock expérimental moderne.
La voix de Julian Plenti fait figure d’instrument à part entière. Les textes, qu’il s’approprie physiquement, donnent l’impression de révéler un langage qui lui est propre. Dès Madrid Song, le gratte-ciel se caramélise graduellement. Jusqu’à un final, H, où les paroles elles-mêmes se fondent en des textes aériens loin des fossés culturels. S’installe alors une obsédante tranquillité tissée des plus improbables mélodies.
Paul Banks devient Julian Plenti quand le second rideau s’ouvre pour laisser place à l’animal intérieur qui palpitait – au moins – depuis Antics. La formule est certes simple, peut-être commerciale, mais néanmoins efficace : on (ré)écoute chaque morceau dans l’attente de l’issue triomphante qu’il réserve. Dans les pas de Pete Doherty, Julian a éludé le déjà vu si fatal aux anciens fronts. Raison pour laquelle Julian Plenti Is… Skyscraper s’apprécie isolément des précedents opus interpolesques.
Un cheminement artistique mis en images par Javier Aguilera, réalisateur du clip de Games for Days, avec la participation d’Emily Haines, voix de Metric.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

ste7en 25.09.09 | 17:09
certainement une des meilleures surprise de cette année 2009 je pense
arbobo 25.09.09 | 18:58
à « dans le mur du son » on lui a plutôt mis sa mère à ce disque, mais j’avoue que les avis sont partagés ^^