Rencontre avec Zak Laughed

Une rencontre très agréable avec le jeune Zak Laughed, dont le premier album sort ces jours-ci.

Il y a deux ans, on pouvait te découvrir avec une crête, faisant des reprises au ukulélé. Maintenant tu as les cheveux longs et tu joue tes propres chansons à la guitare. Que s’est-il passé entre deux ?

Alors … longue histoire ! Donc ça devait être en 2007, avec Cocoon. Depuis, j’ai enregistré un premier disque en août 2007, sorti en autoproduit. A la suite de ça, j’ai gardé contact avec Denis Clavaizolle qui avait refait les voix sur cet EP et 6 mois plus tard je lui ai dit que je voulais enregistrer un album avant que ma voix ne change. Donc du coup en mars 2008, on a commencé l’enregistrement de l’album qui sort dans quelques jours. Fin 2008, j’ai pu faire les Découvertes du Printemps de Bourges, j’ai formé un groupe et on a fait d’autres concerts, terminé l’album …

Lorsqu’on a ton album dans les mains, le titre The last memories of my old house , l’illustration vieillotte … rien ne laisse penser qu’il s’agit de l’album d’un jeune garçon. C’était un effet voulu de brouiller les pistes ?

Le titre oui c’est voulu, c’était drôle d’appeler un premier album « the last quelque chose ». Et cet illustrateur, Glenn Baxter, mon père avait plein de livres de lui et quand il a fallu choisir une pochette d’album, je les ai re-feuilletés et il y avait ce dessin qui correspondait bien au titre. Du coup, on l’a contacté et il se trouve qu’il est super sympa et nous a permis de mettre ce dessin en pochette.

Avec Each day et son clip très coloré, ou Apologies song, on a l’impression que tu es un peu à cheval entre une folk « traditionnelle » et des horizons un peu plus rock …

Oui, j’ai pas du tout envie de m‘enfermer dans la folk : je n’écoute pas que ça et j’ai autant envie de m‘aventurer vers des choses plus rock, voire punk. Cela me touche autant que de la folk. Et le groupe va m’aider à apporter ça justement, en concert ça sera plus rock que sur le disque.

A propos du groupe, « The Hobos Company », comment vous êtes vous rencontrés ?

En fait, le bassiste c’est mon frère donc ça s’est fait naturellement. Il a amené Adrien, qui est le guitariste et un ami de longue date. Et Yann Clavaizolle, c’est lui qui a fait les batteries sur mon disque puisque son père l’enregistrait. Alors comme il est à peu près de la même génération que mon frère et Adrien, ils s’entendent bien et du coup ça fait un vrai groupe, c’est cool.

Et cette différence de génération, ce n’est pas trop compliqué à gérer ?

Non, parce que finalement on écoute à peu près les mêmes choses. Bon après ils ont le droit d’aller boire des coups et tout ça, moi ça viendra plus tard ! En fait, chacun a ses propres goûts musicaux mais on a beaucoup de références communes, donc c’est bien ça fait un son assez original finalement.

Au niveau du son, c’est toi qui dirige ou chacun amène sa patte ?

C’est ça chacun amène sa patte vraiment, moi je laisse libre car j’ai confiance en eux. En concert ça sera forcément différent du disque car le groupe apporte des choses, arrange les chansons. Mon guitariste est passionné de blues et de musique africaine donc il a des riff un peu afros comme peut l’avoir Vampire Week end ou des groupes comme ça. Le batteur, comme c’est celui des Elderberries, il amène ce côté un peu punk rock, un peu sec et mon frère adore la pop indie des années 90, donc des basses un peu mélodiques. Donc voilà ça fait un son vraiment particulier et on est en train de travailler dessus pour les concerts à venir.

Donc tu cherches en fait à développer cette mixité des styles ?

Oui, avoir une base un peu baroque mais mettre de la musique surf, des trucs africains, des trucs un peu punk, essayer d’avoir un son propre et pour l’instant on s’en sort plutôt bien et on va encore travailler dessus pour approfondir.

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Il y a une page MySpace dédiée à la Hobos Company, avec d’autres chansons, il y a déjà 15 titres sur ton album, des inédits … tu composes tout le temps en fait !

Oui, enfin ça dépend des périodes, là je me suis un peu arrêté en ce moment. Mais sinon j’ai encore une dizaine d’inédits et le deuxième album est peut-être même déjà prêt car on a une trentaine de chansons, solo ou avec le groupe. Le plus embêtant c’est de faire des choix, déjà pour ce premier album ça a été difficile de choisir !

Tu as des textes assez variés, et très différents : quels sont les thèmes qui t’inspirent en général ?

Les sentiments, les livres, les films, tout ça m’inspire d’autres choses. Et il y a des moments où j’essaie de créer des histoires, des chansons plus personnelles réservées à une issue plus folk que rock, que je joue moins en groupe.

La folk c’est pour moi plus personnel, alors qu’en groupe j’aime bien raconter une histoire.

Comme souvent la question de l’écriture en anglais pour un artiste français revient, mais là on se demande surtout d’où ça te vient si naturellement à un âge où l’anglais est surtout scolaire ?

Bah justement mon écriture dépend un peu de mon niveau, donc mes chansons restent encore simples, je ne fais pas vraiment de textes compliqués.

J’ai ma propre culture anglosaxonne : musique, films en VO, et un anglais très scolaire en même temps. Donc ça donne un anglais un peu personnel qui n’est pas toujours juste. C’est pour ça qu’on fait corriger les textes par des américains pour voir s’il n’y avait pas d’erreurs.

Et alors ?

Et bien j’ai été assez surpris : c’est le guitariste des Elderberries qui m’a aidé car il est canadien et il m’a dit qu’à part quelques erreurs c’était plutôt bien donc je suis assez fier !

Dans tes chansons, beaucoup de mélodies sont dans une tonalité assez haute, est-ce que le fait que ta voix va changer bientôt c’est quelque chose que tu appréhendes ou au contraire tu as hâte d’être fixé sur ce qu’elle sera ?

Je ne sais pas : dans les registres de voix, j’ai des influences qui sont autant dans les registres graves que les aigus. Donc je me dis si j’ai une voix aigue je pourrais faire comme lui ou lui et sinon avec une voix grave comme ci ou ça.

Mais non j’appréhende pas trop, je sais que ça va changer et puis voilà. Je vais peut-être baisser d’un demi ton toutes mes chansons mais ça changera pas vraiment car de toute façon ces chansons je risque de ne plus les jouer dans quelques temps car elles sont relatives à une époque. A l’enfance vraiment, même si c’est un peu cliché mais c’est un album que je voulais faire avant que ma voix change parce que c’est un album des débuts avec des chansons assez enfantines.

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Dans Ladybird & Bob Dylan, tu chantes « I wanna be a great folk singer ». Ton album sort sous peu, tu as une tournée qui s’amorce … mais en même temps la rentrée des classes approche : est-ce que tu vois ça comme une sorte d’obstacle ou au contraire comme un plan B sécuritaire ?

Je ne sais pas … la musique pour moi c’est une passion, un truc où je m’éclate. Après les études, c’est quand même plus important que la musique. Ça peut être parfaitement complémentaire donc j’essaie de faire les deux. Il faut que j’ai mon bac !

Est-ce que du coup le fait de ne pas être encore lancé dans la musique à part entière t’apporte certaines libertés que tu aurais pu ne pas avoir sinon ?

Carrément, car j’ai la chance de faire de la musique mais de ne pas en vivre. Maintenant je suis sur une maison de disques donc il y a certaines contraintes, mais en effet c’est vrai que je peux faire un peu ce que je veux.

De plus en plus de groupes émergent de Clermont-Ferrand, notamment folk. On sent une sorte d’effervescence musicale là-bas. Est-ce que c’est quelque chose que tu ressens, qui t’as aidé ?

En fait, je suis très proche du collectif Kütu folk Records, qui fait de la folk comme son nom l’indique. Il y a quatre groupes : Leopold Skin, St. Augustine, The Delano Orchestra, Pastry Case qui ont tous des univers qui sont plus ou moins liés à la folk, avec dans le songwriting une certaine sincérité et spontanéité.

Ils m’ont aidé car ils m’ont fait faire quelques concerts, m‘ont conseillé. On est assez proches musicalement et humainement, on se croise souvent. Je suis donc assez proche de ces quatre groupes là et me reconnais dans leurs influences. On s’apprécie mutuellement.

Dessine-moi un HibOO | Zak Laughed | 26 août 2009

Dans ta biographie, tous les grands noms du folk sont cités comme influences, mais quels sont tes vrais modèles ultimes ? Tout à l’heure tu disais que tu n’écoutais pas que de la folk …

C’est assez classique, mais j’ai un peu des héros folk des années 60 : Léonard Cohen, Bob Dylan, Johnny Cash … mais après j’ai aussi une grosse influence du Velvet Underground et un groupe qui s’appelle les Modern Lovers dans les années 70 qui a influencé toute une scène indépendante des années 80/90 avec des groupes comme les Pastels, The Jesus And Mary Chain, les Moldy Peaches … Et d’autres vraiment pas connus mais qui privilégient vraiment la sincérité, la spontanéité, plutôt que le professionnalisme pur et c’est ce qui m’intéresse, de faire des choses spontanées, pas calibrées ou formatées. C’est vraiment ça qui m’intéresse dans la musique.

Et dans les choses plus actuelles ?

Ces derniers temps, j’ai beaucoup été marqué par l’album de Vampire Weekend. J’ai adoré.

Après y a un groupe un peu moins connu qui j’espère sera bientôt connu en Europe, qui s’appelle Dr. Dog, très influencé pop sixties. Et un groupe qui s’appelle The Wave Pictures, des anglais, très bon aussi.
Et puis comme tout le monde j’ai pris de grosses claques avec Arcade Fire, MGMT … j’écoute beaucoup de trucs actuels aussi en fait.

… et Charlie Winston ? (NDLR : petite joke en référence à son MySpace où il est indiqué : « P.S: I must clarify that we don’t like Charlie Winston at all. »

Ah ! C’est pas vraiment ma tasse de thé, et je voulais préciser qu’on n’aimait pas vraiment Charlie Winston parce que le groupe s’appelle the Hobos company. Je ne voulais pas qu’on croit que c’était pour prendre son pseudo-concept. Que d’ailleurs je trouve assez mal exploité par ce Monsieur, mais passons.

Nous on a pris ça simplement parce que ça nous faisait rire de nous voir comme des espèces mecs mal habillés qui traversent les Etats-Unis avec leurs guitares toutes pourries. Au début, on voulait s’appeler les Dharma Bums, comme le livre de Jack Kerouac et on s’est rendus compte qu’il y avait plein de groupes avec ce nom là. Du coup on a transformé en The Hobos Company et il y a beaucoup de gens qui disent « waa Charlie Winston » et donc c’est pour démentir cette info que j’ai mis ça sur mon MySpace !

» www.myspace.com/zaklaughed

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Un commentaire

  1. allez voir la vidéo Zak Laughed sort un vrai disque, like a Bob Dylan sur culturebox :
    http://culturebox.france3.fr/all/14470/Zak-Laughed-sort-un-vrai-disque%2C-like-a-Bob-Dylan

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