Route du Rock 2009 #2 : la musique de la Route du Rock, c’est comme le bon vin, elle se bonifie avec le temps

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Peaches
  D! Club (Lausanne) - 3 mars
St. Vincent
  Alhambra (Paris) - 26 février
  Le Botanique (Bruxelles) - 28 février

Après la soirée navrante du vendredi, on remet le couvert le lendemain sans grand espoir : soleil, légère brise, lunettes de soleil et bar VIP. Arrivée sur un site vide (bon d’accord j’ai usé de mes droits et grugé toute la queue), on dirait qu’une bombe atomique est passée hier : plus d’herbe, plus de déchets, plus d’enceintes crachouillant un son infâme… Le festival le moins écolo et le moins bien organisé de France peut se vanter de savoir exploiter ses bénévoles au maximum.

St-Vincent apparaît timidement et se met à jouer pour cinquante péquins. Initialement programmée après Papercuts, on lui a visiblement fait une mauvaise surprise. Tout le bénéfice est pour nous puisqu’ainsi, on peut profiter deux fois mieux de la prestation de cette frêle mais déterminée silhouette. Telle une Patti Smith avec sa peau de Blanche Neige, sa boule de cheveux frisés noirs et son petit costume bleu et rouge (rouge à lèvres assorti) dévoilant des épaules musclées et une physionomie nerveuse, les accords qui sortent de la guitare de St-Vincent sont incisifs, précis, surprenants. Régulièrement, sa petite tête disparaît derrière la toile noire qui cache ses jambes, on s’attend presque à ce qu’elle nous fasse un spectacle de marionnettes. Les mélodies de la New-Yorkaise alternent entre douces ballades et accords plus rock. Le tout est surprenant, touchant et… définitivement plus intéressant que le disque. Première bonne surprise de la soirée.

Je ne trahirai pas Papercuts et Camera Obscura en disant que c’était mou du genou et terriblement banal. Passons, le bar VIP est là pour nous réconforter.

La seconde bonne surprise nous vient des Kills. Peu importe la drogue qu’ils se sont enfilés ce soir là, le duo est plus sexuel que jamais, à l’écoute l’un de l’autre. On a presque envie de leur pardonner leur mauvaise habitude de faire sauter amplis, jacks … Le spectacle est beau, bien rôdé. Cela dit, The Kills va devoir se renouveler sous peu si ces derniers ne veulent pas terminer aux oubliettes des groupes de rock incapables de produire plus de trois mélodies : soit ils privilégieront leur duo au profit de nouvelles harmonies et sonorités (un peu de créativité que diable !), soit il leur faudra s’équiper de musiciens dignes de ce nom car la boite à rythme sur trois album, car ça commence à gaver un peu (Kate Moss squatte leurs concerts ? Eh bien mettons là à contribution à la batterie !)

Pour terminer la soirée en beauté, Peaches livre un show haut en couleurs. Accompagnée des Sweet Machine, trio au look néo-gothique post-hardcore, elle décline une dizaine de costumes tous plus amusants les uns que les autres, allant de la fraise Tagada au string lumineux à nœud, en passant par les tenues de lutteurs mexicains et le justaucorps de patineuse sur lequel sont projetés des images … Une vieille hardeuse en collants à gaine n’a jamais été aussi sexy qu’elle ce soir là. Les titres/ tubes s’enchainent, le public se déchaine modérément (beaucoup trop ivres ces bretons). Peaches ne fait aucune faute de goût, aucune impasse, occupant tous les recoins de la scène et de la fosse. Le fake duo avec Iggy Pop est tordant, les solos de guitare électrique des biatch tout autant. Une belle prestation pour une artiste qui avait pris un virage un peu dangereux. J’espère bien que les cathos culs-bénis de St-Malo se retournent dans leur lit.

Trop fatiguée pour Four Tet, j’écoute de loin, calmes et douces ondulations électroniques. Il faut garder des forces pour le lendemain, finalement ce festival construit sa programmation pour les plus endurants, le meilleur est avenir…

Retrouvez une autre version de cet article et des bonus sur les Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

publié par Violette R.O.L.L. le 16.08.09

jamaisdaccord.com/

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9 commentaires

  1. et dire que j’avais faillit faire le déplacement encore une fois juste pour Peaches… limite ca me rassure tiens (bon à la place, c’est festival avec Ghinzu, dans leur pays.. Je crois avoir gagner au change :p )… vu que de tte façon, je dois revoir la madame et les sweet machines la semaine prochaine au 2eme plus gros festival de Belgique :)

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  2. C’est fou comme les gens adorent Peaches alors que je trouve que c’est la plus grosse arnaque musicale du moment (si on ne tient pas compte des Naïve New Beaters).

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  3. Les Naive New Beaters n’ont rien à voir avec Peaches,
    Ni l’un ni l’autre ne se prennent au sérieux.
    Les NNB sont bons en concert, pas sur disque.

    Peaches, cette meuf défie pas mal de lois de son pays à beaucoup de points de vue,
    et quand à plus de quarante ans, t’es capable de mettre ton corps non lifté à poil sur une scène devant 10 000 personnes, et que c’est pertinent par rapport à ce que tu chantes, eh bien tu as juste le droit au respect. Elle chante juste, elle balance sur pas mal de tabous, elle a une vraie passion pour la scène, à plusieurs égards elle est l’alter-ego féminin d’Iggy Pop.
    Peaches, si tu lui retires la scène, contrairement aux NNB, elle meurt.
    Alors là j’ai l’air d’une grosse fan de la première heure avec ce discours alors que c’est faux, elle me gave à pas mal de niveaux sur disque.
    En conf de presse, elle a de la répartie la dame, quand un mec lui a demandé si elle comptait ajouter des fiches cuisine en cadeau avec l’achat de ses disques pour relancer l’industrie qui périclite, elle lui a simplement répondu qu’elle mettrait plutôt un mode d’emploi pour qu’il s’insère un tampon dans le cul :)

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    • totalement d’accord, le show de Peaches était un régal et j’étais le premier à douter de la pertinence de l’avoir programmé là, en tête d’affiche.
      Par contre je te trouve un peu dure sur l’orga et le public. Moi qui n’ai fait qu’un soir j’ai trouvé que c’était agréable et bien foutu : pas de queue aux boissons, queue relative pour la bouffe, son très bien réglé pour the Kills et Peaches (qui ne doivent pas être simples à sonoriser)… Public un peu mou c’est vrai mais pas des tonnes de cramés; en bref classe et pointu.
      C’est surement le carré vip qui était mou mais ça c’est comme d’hab, les gens qui ne payent pas sont souvent moins motivés!

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  4. « Le festival le moins écolo » c’est un peu sévère ils ont des consignes sont leurs gobelets et des bénévoles qui vont et viennent pour ramasser les déchets.
    Encore une fois comparé au vieilles charrues ..
    Après c’est peut être parce que je suis une grande fan de ce festival à taille humaine et sympathique après les grosses usines à festival de l’été.
    Enfin je te trouve bien sévère sur le titre « le moins bien organisé » ils font ce qui peuvent avec le peu de moyen qu’ils ont et pour garder toujours ce magnifique site du fort et une programmation aussi original. ça change des festivals commerciaux qui font venir julien doré et compagnie =)
    Et pour « beaucoup trop ivres ces bretons » on s’habitue et encore il y a bien pire…

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