Big Movie

Il était une fois quatre orphelins à qui il allait arriver des problèmes. L’un d’eux avait été élevé par le conservateur du Louvres – où rôdait un assassin albinos, la seconde avait été traumatisée par l’attaque de serpents dans son avion, le troisième sortait juste d’une école de mutants et le dernier était un réfugié du Catch libre mexicain… Lorsque ensemble, ils visitent une chocolaterie, ils tombent sur une armoire enchantée qui leur ouvre le passage vers le fabuleux pays de Gnarnia (le G ne se prononce pas). Dans ces contrées merveilleuses, ils rencontrent un flamboyant pirate des îles, une bande d’étudiants en troisième année de magie et un lion majestueux aussi sage qu’obsédé. Tous vont unir leurs forces pour essayer de mettre une pâtée à la terrifiante Saleté Blanche. Dans ce cas précis, le fait que le mal triomphe serait-il vraiment une catastrophe ?

Autant le dire tout de suite : ce film ne mérite pas d’être vu. Mais si l’envie vous démangeait (ennui ? humour pipi/caca très bas de gamme ? lobotomisé ?), il suffit de se contenter du teaser, puisque toutes les scènes dites « drôles » sont incluses. Ce qui vous fera gagner tout simplement 1h30, chrono en main.

Originellement titré « Epic Movie » (mais peut-être qu’en France on remplace facilement le mot épique par gros ?), cette production est sûrement l’un des derniers à voir le jour. D’une part, parce que ce genre de films faisait un carton dans les années 90, surtout grâce au premier – et excellent – Scary Movie, qui avait littéralement inventé un style à lui tout seul. Ce n’était sans doute pas plus intelligent qu’Epic / Big Movie, mais la réalisation tenait la route, les acteurs étaient vraiment déjantés, et l’on ne s’ennuyait pas.

Big Movie, film de ason Friedberg et Aaron Seltzer | Twentieth Century Fox France

Par ailleurs, même si bon nombre de films présents en prennent pour leur grade (Narnia, Des Serpents dans l’Avion, X-Men, Super Nacho, Harry Potter, Charlie et la Chocolaterie, Pirates des Caraïbes, dont le rôle tenu par Darrell Hammond – le seul acteur potable du film ? – est plus Jack Sparrow que nature !), on regrettera surtout la rapidité à laquelle ces dernières apparaissent : l’univers de Willy Wonka est parodié en 5 minutes, et Harry Potter ne doit pas dépasser cette durée. Record absolu pour Superman, avec 30 secondes. Vouloir caser des blockbusters, d’accord, mais l’intérêt semble très limité quand ces derniers n’apportent absolument rien, si ce n’est de vendre le film dans une bande-annonce ou sur une affiche dans le métro. Il y a donc à de nombreuses reprises supercherie. Big Movie s’axe surtout sur Narnia. Malheureusement, rien de drôle à se mettre sous les zygomatiques.

Il existe néanmoins un point fort, qui sera certainement non détecté par le public que ce genre de productions bouseuses vise : les musiques. Chaque thème principal des blockbusters a été revisité par le talentueux Ed Shearmur (à qui l’on doit la BO de Capitaine Sky et le monde de demain) ; ainsi tout en gardant les instruments, les choeurs et les variations, on nage en plein bonheur lors de la scène de la découverte de Narnia, ou encore l’arrivée à Poudlard. Sans oublier les voix lugubro-féériques si chères à Elfman lors de la visite chez Willy Wonka. Le spectateur fan de ce genre de bouse considérera pour sa part que le point positif du film est l’apparition de la plantureuse Carmen Elektra, déguisée en Mystique ultra sexy hot. Chacun voit midi à sa porte.

Big Movie : Bouse Infame Grand-guignolesque Minable Odieuse Vide Insipide à Eviter. Voilà, tout est dit (j’aurais plus simplifier avec Big Bouse)

publié par Rod le 05.04.07

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. Friedrich Kassad 7.06.07 | 01:38

    J’ai matté ce « film » un dimanche de loose intégrale avec des amis. Je les avais pourtant supplié de regarder autre chose, mais quelques inconscients ont insisté. Maintenant le mal est fait: 1h30 de perdue au lieu de bosser ma rédaction de thèse.

    Rod je te trouve bien aventureux d’avoir tenté un machin pareil au ciné. Je crois que tu as à peu près tout dit sur l’indigence abyssale de ce nanar hors norme. Cependant, j’insisterai encore sur la nullité des acteurs. En effet, certains gags totalement foireux auraient pu passer si ils avaient eu un tant soit peu de spontanéité. En ce qui concerne le ‘Big’ introduit dans le titre, je pense que c’était un avertissement: attention ça va être ENORME. Ils n’ont pas menti c’était impossible à avaler.
    Mais bon, faut rester positif, on a atteint le fond. Si, si je vous assure.

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