Le fan : une espèce menacée de disparition dans les concerts ?
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L’industrie musicale vit une inexorable mutation, les supports physiques se vendent de moins en moins, de nouveaux intervenants (par exemple Apple, Amazon, Fnac) se lancent dans le marché et prennent leur part du gateau. Ainsi le dernier refuge lucratif de l’artiste (et de sa maison de disque) reste la scène. Les organisateurs de festivals l’ont bien compris : depuis ces dernières années ces événements culturels souvent en plein air fleurissent sur tout le territoire.
Malgré tout, même si la demande est forte et que l’offre s’accroit, les prix quant à eux augmentent (pour vous en convaincre si vous êtes des collectionneurs compulsifs ressortez les tickets d’un même groupe dans une même salle à quelques années d’intervalle). Cela peut s’expliquer par l’inflation des cachets afin de récupérer sous les sunlights l’argent perdu dans la silice, on nous dit aussi que c’est parce que les artistes étrangers se produisant en France doivent payer l’impot sur le revenu, impot qui se répercute sur le prix du billet, why not …
Le concert une pépite d’or ? Pour beaucoup de monde oui, et même pour les vendeurs au noir. En effet le marché alternatif n’est illégal que pour les spectacles subventionnés par l’état, ce qui n’est pas le cas de bon nombre d’événements. Du coup des petits malins ont lancé des sites de vente en ligne pour des concerts « phares » (style U2 dans une salle de 1500 personnes) à des prix marché noir. Mais ces circuits parallèles se font pour l’instant au détriment des organisateurs. Les places sont bien souvent achetées de façon traditionnelle pour être revendues plus tard au prix fort, comme un vrai marché parallèle mais au grand jour du web.
Dernière idée en date pour tirer un peu d’argent du pis du fan vache à lait : appliquer au concert le principe de gestion des tarifs de l’industrie touristique : le yield management. Tout le monde doit savoir de quoi il s’agit : plus on s’y prend tard pour la réservation, plus le prix du billet est cher. L’adaptation au monde de la musique n’est pas forcément évidente car en principe les fans se jettent sur les places, mis à part faire des réserves pour une mise en vente tardive il semble difficile de mettre cela en œuvre. Au contraire, on a pu voir un festival vendre moins cher à l’approche du début de l’évènement afin d’écouler son stock d’invendu (qui a dit soldes?). Au final on observe que ça cogite sérieux sur de nouvelles méthodes de vente afin d’optimiser les revenus.
La tendance est amorcée et le concert, ce moment de communion entre un artiste et son public deviendra encore plus un repère pour des marchands de sable soucieux de préserver leurs marges en profitant de la passion aveugle de tout bon fan qui se respecte.
(article inspiré entre autre par rue89)
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Le Zla 8.07.09 | 15:45
Ce qu’il faut surtout noter et que tu touche à peine du doigt, c’est la disparition à terme des petits festivals « home made », comme l’ont été par exemple les vieilles charrues et consorts.
En effet les gros festivals organisés par les majors n’offrent pas les mêmes cachets aux artistes et n’ont pas les mêmes ressources, ce qui va les empêcher d’accéder à des programmations suffisantes et aux têtes d’affiches, de plus la concurrence aidant le secteur va saturer rapidement.
Bref, pour moi, l’arrivée du business pur et dur dans le concert ne va pas en priorité se faire ressentir sur le fan…
Laurent S 8.07.09 | 15:53
Si tu mates la programmation des festivals cette année on a l’impression d’un copié coller. La notion de fait maison ne s’applique pas vraiment a partir d’une certaine taille critique.
Les gros festivals auront toujours les tetes d’affiche (because ils ont les $) mais je pense que cela n’empèchera pas d’autres festivals de vivre sur la base d’une programmation alternative.
Au final un distingo entre grosses stars/gros festivals et stars émergentes/petits festival se fait déja il me semble.
Mais le festival est un élement du business, tu as toujours des artistes qui se produisent seuls, et dans ce cas aussi le retour sur investissement doit être maximum.
Dans les deux cas les tarifs des billets seront à mon avis adaptés afin de maximiser ce fameux RSI. Et à ma connaissance les billets ce sont les spectateurs qui les paient :)
Rod 8.07.09 | 17:25
Le Zia : au contraire, de plus en plus de festivals indés tirent leur epingle du jeu en proposant un truc vraiment qualitatif, comme par exemple Le Cabaret Vert … faut juste creuser un peu :)
JJ 8.07.09 | 17:43
Il ne me semble pas que la vente de billets à des prix plus élevés à l’approche d’un concert soit une nouvelle pratique … elle existe sur les concerts en salle, bien qu’à la différence des festivals, le prix n’augmente que pour l’achat sur place et non à une certaine date avant le concert. Je pense qu’il s’agit plus là d’une question de gestion des fonds : plus les festivals ont des rentrées d’argent tôt, plus ils peuvent avancer les fonds et avoir une sécurité pour assurer leurs frais en cas de pépin. D’autant plus que les subventions ne sont pas toujours versées avant le festival.
Si je peux me permettre une remarque d’ »économiste », je n’irais pas jusqu’à dire qu’l s’agit de « yield management », qui correspond plus à des prix segmentés selon des périodes pour gérer le remplissage.
LS 8.07.09 | 18:25
« le dernier refuge lucratif de l’artiste (et de sa maison de disque) reste la scène »… Pour l’artiste, oui, en partie. Pour la maison de disque : faux. Une maison de disque ne touche RIEN sur les concert…
Lo 8.07.09 | 18:31
JJ effectivement le yield est plus complexe que cela mais dans l’idée c’est un peu ça, à la base ca vse quand meme ai optimiser le revenu non? :) . A un détail prés c’est que contrairement a un hotel ou un avion on prend plus le concert par passion et moins à la légère, j’ai des doutes sur les places de dernières minutes plus chères, ca veut sans doute dire qu’il y a une désaffection du public, ou alors que l’organisateur s’en est mis de coté pour faire un coup en vendant des offres de dernière minutes surévaluées.
La logique serait plutôt d’avoir des prix moins élevés au début, normales pendant une période, et potentiellement plus chère ensuite, mais si on se limite a ne les faire que chères à la fin ca n’a pas vraiment de sens.
Enfin on verra bien comment ca évolue mais je remarque juste que de nos jours aller à un concert est parfois un sacré luxe!!
Lo 8.07.09 | 18:42
LS au temps pour moi, j’ai effectivement fait un amalgame entre maison de disque et organisateurs de concerts tant il est vrai qu’actuellement pour certains artistes notamment (Madonna pour ne citer qu’elle) on a un peu de mal a voir ou va être la ligne de démarcation entre les deux :)
LS 8.07.09 | 18:47
C’est plutôt Madonna qui est l’exception, à vrai dire. La démarcation existe depuis des années entre maisons de diques et organisateurs de concerts. Ce sont deux métiers extrêmement distincts. L’un concert la vente de supports physique, l’autre l’organisation de spectacles vivant… Je ne suis pas certain par ailleurs que les labels soient tous de grandes mêchantes bêtes croulant sous les millions et se gavant comme des cochons sur le dos des artistes et à vrai dire ce genre de ritournelles un peu facile n’est pas très productive…
Lo 8.07.09 | 19:10
Je doute que le cas Madonna soit un cas isolé, demandes a Rod par exemple pour Ghinzu :) Il me semble que la maison de disque de GHinzu coproduit la tournée, ce qui se fait de plus en plus justement car ils se sont rendus compte que les rentrées d’argent étaient non négligeables. Et puis ca se fait de facon plus discrete parfois, il me semble qu’Universal est proprio de l’Olympia par exemple non? Sony/BMG a racheté une grosse boite de prod de concerts Arachnée (production des concerts de: Indochine, De Palmas, Obispo, Patrick Fiori, Nolwen Leroy…. pas que des seconds couteaux quoi)
En France les spectacles de Christophe par exemple sont aussi des co productions, Johnny idem, je crois que les artistes issus du roi soleil aussi (Mae, Moivre) sont dans le meme cas (bizness plan oblige, la tournée, le spectacle et les cds étant un tout).
L’initiative intéressante a contrario est celle de petits festivals qui ont poursuivi l’aventure de certains artistes en les accompagnant dans la production d’un disque, ou alors comme ca se fait aux US (surement ailleurs) des labels indés qui font leur propre tournée en se regroupant. Comme quoi tout n’est pas pourri dans le monde des labels.
Sfar 8.07.09 | 22:37
Juste une interrogation à la lecture de l’article, est ce que cela fait aussi parti de l’aspect commercial de décréter le concert complet assez rapidement pour remettre une ou deux fournées de places en vente??
Je l’ai déjà vu faire pour différents concerts récents. Ce qui fait que lorsqu’on découvre que le concert pour lequel on hésitait est OFFICIELLEMENT déjà sold out, l’aubaine qui se produit d’une deuxième salve de places inespérées fait qu’on se précipite et qu’on n’hésite plus pour le coup. Au départ je me disais qu’ils ne savaient pas bien gérer les places vendues alors qu’en fait c’est un attrape gogo de première.
Laurent S 9.07.09 | 08:06
Sfar c’est la question que je me pose, comment un concert sold out peut avoir des places en derniere minute et plus cher qu’en temps normal? Délibéré? Retour d’invits (rare quand meme)? Retour d’invendus d’autres circuits?
Bref sinon ce matin j’ai appris que Madonna ne remplissait pas les salles de sa tournée francaise (30.000 vendues contre 60.000 dispo a Marseille par exemple) donc LiveNation (son producteur tournées et disques) va baisser le prix des places pour ‘les fans victimes de la crise’ :)