Lisa Ekdahl à l’Olympia : ou l’art de (faire) rêver

Enfer et Paradis. Clisson et Paris. Mötley Crue et Lisa Ekdahl. Chaque élément sur cette planète possède sa némésis, afin d’assurer l’équilibre du Cosmos. Et pendant que Tommy Lee martyrisait ses fûts devant une horde assoiffée de décibels explosifs, Lisa Ekdahl, telle une elfe issue de la Terre du Milieu, offrait au public parisien un moment d’apesanteur sans équivalent.

  • Date : 19.06.09
  • Adresse : 28 Boulevard des Capucines 75009 PARIS
  • Téléphone : 08.92.68.33.68
  • Web : www.olympiahall.com

Un Olympia quasi sold out (quelques fauteuils vides seulement), un public d’une diversité impressionnante (de 12 à 70 ans, à vue d’oeil de HibOO), pas de première partie … mais une annonce qui s’avérera le seul défaut – mais non des moindres – de la soirée : le concert divin de Dame Lisa sera déchiré par un entracte de 20 minutes. C’est sûr, pour quelqu’un qui n’a pas assisté au concert, ce blasphème peut passer comme anodin, voire inaperçu. Mais croyez-moi, quand on commence à s’immerger dans l’atmosphère ekdahlienne … cela revient à se faire brutalement réveiller par ses voisins alors que vous étiez paisiblement bercés par Morphée. Très désagréable.

Lisa Ekdahl, pour sa seule date en France, est donc venue défendre son nouveau projet musical, Give me that slow knowing smile (Sony BMG), qui possède une double particularité dans la discographie relativement abondante de ce petit bout de femme qui chante même quand elle parle (et réciproquement) : d’une part, elle renoue avec l’univers pop (bien que s’étant fait connaître dans le milieu jazz), et d’autre part – le point le plus important – ce nouvel opus est le premier album où les textes furent élaborés dans la langue de Shakespeare). De cet album riche et intéressant, on retiendra notamment le magnifique titre One Life, qui a d’ailleurs fait son effet à l’Olympia : cette ambiance mélancolique baignée dans des sonorités quasi napolitaines se démarque littéralement de l’ensemble du répertoire. Toutefois, cette magnifique exception ne permet en rien de déprécier le reste : sur un fond musical à la fois minimaliste mais ô combien travaillé sur le plan harmonique, la voix singulière de Lisa, véritable cristal partiellement éraillé, fait mouche à chaque titre. Et c’est au moment où l’on se sent enfin envahi par une quiétude sereine que cette PUTAIN DE VOIX OFF annonce fièrement que l’on dispose de 20 minutes d’entracte. Non mais j’te jure …

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C’est à ce moment précis que la main de Dieu trancha le destin de ces petites fourmis déambulant Boulevard des Capucines : chez certains, se réveiller après une telle surdose de douceur surréaliste fut si intense qu’ils préférèrent s’en aller, criant au scandale. D’autres (la majorité ! ouf) tentèrent de faire fi de cette intrusion malvenue pour se replonger, pour une heure supplémentaire, dans l’univers jazzy-pop féérique de Lisa et de ses compères. Next time, don’t awake us, let’s dream !

Diantre, que c’était beau.

Questions éventuelles au sujet des photos : placé au 5eme rang, seulement les 3 premières chansons, interdiction de bouger … ceci explique cela concernant la non diversité des clichés. 50 clics au total (et j’étais vraiment gêné de faire du bruit tant l’air lui-même retenait son souffle devant ce deluge de sons silencieux), une vingtaine de photos en ligne.

» www.lisaekdahl.com

publié par Rod le 20.06.09

archives.le-hiboo.com

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Un commentaire

  1. Quand je pense que je l’ai vue le lendemain de ton article, comme beaucoup de mélomanes de la capitale et du 94, le lendemain de ton billet, gratuitement et sans entracte… ;)

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