1973 au Point Ephémère : Sixty Pop is not dead
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La mode – hégémonique – folk is going to die pour laisser place à la pop 60’s 70’s ! Si, en l’an de grâce 2007, les fers de lance hexagonaux qui ont permis à bon nombre de groupes de se décomplexer quant à l’utilisation de la langue de Shakespeare dans leurs chansons s’appelaient Cocoon, Moriarty ou The Do, sans nul doute que 2009 voit une nouvelle génération prête à reprendre le flambeau dans un autre genre, bien que tout aussi « rétro » : 1973, ainsi que les brillants Revolver ou encore Eldia, offrent à Paris un nouveau ton et de nouvelles couleurs.
- Date : 15.06.09
- Adresse : 200 Quai de Valmy 75010 PARIS
- Téléphone : 01.40.34.02.48
- Web : www.pointephemere.org
La musique, c’est comme les fringues : ce qui est ringard redevient au goût du jour. Et vice versa. La folk, il faut l’avouer, on commençait juste à en avoir assez (l’ultime blague étant Too Soft, copies certifiées non conformes de Cocoon). Il fallait donc bien commencer un nouveau cycle, une nouvelle ère.
La semaine dernière, je rencontrais 1973 dans le cadre d’un HibOO d’Live qui s’était plutôt bien déroulé. Et outre des mélodies sympas – mais sans plus – la sympathie qui a emané de ce trio né cette année là m’a irrésistiblement conduit au Point Ephémère. Dans le pire des cas, je n’attendais rien : juste un p’tit shooting histoire de dire, un p’tit resto japonais et pis dodo. Sauf que voilà, 1973 en live – et si l’on part tout de suite du postulat qu’il n’a ni inventé la roue, et ni la pop britannique dont les influences et multiples polyphonies s’inspirent – (m’)a sincèrement conquis. Mais genre pour de vrai.
Domingo (www.myspace.com/domingotheband)
Déjà aperçu en coup de vent en guise de première partie de Joseph d’Anvers au Café de la Danse en février dernier, Domingo strikes back. Malheureusement, même en rajoutant des beats samplés et nonobstant la présence de parties batteries live, le groupe reste incroyablement léthargique. Ou plutôt : Domingo est une sorte de musique « zen », où les tempi identiques caressent doucement le lobe occipital tel un leitmotiv sonore envoûtant, séduisant … mais ennuyeux. Musicalement, on n’est pas loin de l’univers Catpowerien, et ces mélodies lancinanto-plaintives sont surtout mal adaptées : l’écoute au début attentive se voit désagrégée au fur et à mesure que le set avance, et les premiers applaudissements sincères se transforment en ovations de politesse. Et même si cela peut paraître fou, quelque chose chez Domingo (m’)attire. Un truc inexplicable, voire complètement absurde, puisque n’ayant pas forcément trouvé le groupe convaincant … mais il y a un p’tit quelque chose de magique. Un peu comme quand on voit un visage quotidiennement que l’on considère banal, et qu’un jour, on ne comprend pas pourquoi on n’a pas été séduit auparavant.
1973 (www.myspace.com/1973)
Ce soir, les petits satellites gravitant autour de Blonde Music et de leurs amis ont rempli copieusement le Point Ephémère (juste une question hors-sujet : la scène n’a pas été agrandie ? Il me semble que cette dernière n’arrivait pas jusqu’aux deux énormes poutres métalliques …). Parmi ces visages anonymes, quelques bouilles (re)connues : Rose, Luciole, ou encore Oliver (bassiste de Cocoon dans sa version quator). Les fans sont au premier rang, assez remontés pour mettre le feu.
Et dès les premiers titres, l’on comprend que 1973 a de quoi emballer : si l’on excepte une pop très éprouvée distillée depuis un demi-siècle, on notera toutefois une maitrise absolument divine des arrangements, toujours discrets, mais qui viennent enchérir délicatement le moindre simple accord posé. Ces petites recherches sonores apportent à l’ensemble une profondeur musicale particulière, qui permet aux oreilles averites d’accrocher de suite. La prestation scénique pêche par un certain stoïcisme, mais qu’importe : les guys nés au siècle derniers s’éclatent, en interlude ou ailleurs. Le concert est sans faille, bien que trop court. Mais lorsque l’on ne possède qu’un EP … ceci expliquant cela.
A la sortie, outre les plus branchouilles qui se sont retrouvés au mauvais endroit faute d’avoir eu des invitations ailleurs, les réactions sont plus que positives. Avec néanmoins une sorte de tendance qui confirme mes propres ressentis : en CD, 1973 c’est juste bien. Dans le pire des cas, pas mal. En live en revanche, l’aura émanant du groupe change complètement la donne. S’il y a 2 ans vous aviez aimé Hey Hey My My, ruez-vous sur 1973. Sauf qu’ici, et au risque de me répéter, l’on restera surtout stupéfait par la qualité des arrangements et du travail harmonique réalisé sur l’ensemble du répertoire.
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

françois 18.06.09 | 18:52
ah tiens, je suis sur une photo.