Liam Finn (+ Lilly Wood and the Prick) à la Maroquinerie : un Rock N’ Folk pas usurpé

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T’sais, y a des mauvaises langues sur Paris qui pourraient te dire que les artistes signés chez Fargo sont un peu mous du genou. Ces dernières n’auraient pas forcément tort, car hormis Against Me!, l’ensemble du catalogue est tourné vers une folk intimiste voire solennelle, qui appelle plus à l’éveil des sens qu’à l’envie de pogoter son voisin. Ouais mais voilà, y a un gars, que les gens appellent Liam Finn, et bien il fait des chansons studio « calmes », des sessions acoustiques douces … mais à Paris, à la Maroquinerie, ce dernier ressemblait à un véritable Stitch survolté et incontrôlable revisitant son propre répertoire de manière on ne peut plus musclée. Ah oui, un concert viscéral à souhait pour finir mai en beauté.

  • Date : 31.05.09
  • Adresse : 23 Rue Boyer 75020 PARIS
  • Téléphone : 01 40 33 35 05
  • Web : www.lamaroquinerie.fr

Ce week end marquait – enfin, pour de vrai ? – la fin de la carrière musicale de Johnny. C’était LE truc à ne pas manquer. Enfin, il paraît.

Aux confins du XXème arrondissement, rue Boyer, environ 400 têtes ont décidé, à l’instar d’un certain film mettant en scène des Spartiates aux muscles seyants, de se prendre de plein fouet un vrai show : ce genre de live dont on n’a pas besoin de lumières et d’effets pyrotechniques pour clouer le bec des plus blasés. Parce que oui, Liam Finn en concert, c’est un peu comme Ovomaltine, c’est du genre dynamite. Celle qui t’explose dans la face parce que tu t’attendais à un truc et qu’en fait, trop pas.

Lilly Wood and the Prick (www.myspace.com/lillywoodandtheprick)

En janvier dernier, La piqûre de Lilly n’avait pas forcément fait son effet. Ca manquait de matière, de densité, de volume, d’expérience. Le potentiel était pourtant palpable ; il faut dire que la voix de Nili permettait au combo parisien de se détacher du lot. L’organisme multi cellulaire que je suis avait besoin de cette première injection pour permettre à mon système cognitif de développer de nouvelles stratégies pour mieux appréhender l’univers très (trop) varié du projet.

5 mois plus tard, le combo solide d’une expérience accrue met tout de suite l’ensemble de l’auditoire d’accord. Et pas uniquement grâce aux magnifiques jambes infinies de sa chanteuse, non non. Lilly Wood a grandi, mûri et le niveau est désormais à la hauteur de l’amibition proposée. Parfois, bien sûr, on décroche un peu, parce que voilà, on sent que le groupe se cherche encore un peu, que la set list n’est pas forcément optimisée, qu’une atmosphère encore « patchwork » se fait ressentir. Mais il serait dommage de s’arrêter sur de tels détails finalement anodins. La folk/soul/rock/pop de Lilly Wood and the Prick est à surveiller de très très près. Genre à Rock en Seine en août prochain, voire peut-être avant si le groupe se fait booker ci en guise de première partie.

Aparté d’un hobbit non influent : le choix de Down the Drain en tant que single, titre très « poppy » façon Superbus (mais rien à voir en terme de qualité, ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit) est quelque peu déroutant, lorsque l’on sait que ce dernier est si différent du reste du répertoire. Why not.

Liam Finn (www.myspace.com/theliamfinn)

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Aparté d’un frustré : On aurait dû filmer ce soir là le set de Liam Finn. La Maroquinerie était partante, Fargo aussi. Mais voilà, on n’a pas toujours ce que l’on veut. Mais sache, m’ssieur dame qui lit, que vouloir retranscrire l’énergie incroyable de ce mec par le biais de la photographie revient à vouloir planter des betteraves sur Neptune.

Car Liam Finn, c’est juste un mec avec une allure de nounours sympa, genre pas méchant, mais qui se transforme dès qu’il monte sur scène en Bouba incontrôlable (dernier épisode du dessin animé – non je ne parlais pas du « chanteur » de rap – quand il devient grand et qu’il montre ses immenses crocs comme sa défunte maman Amandine à Joy, le petit indien qui n’est plus petit non plus) : il ne joue pas de la guitare, il fait corps avec. Il ne prend pas des baguettes pour jouer de la batterie : il la martyrise, la pulvérise avec une rage digne d’un contaminé de 28 days later. Hormis quelque guests improvisés, un concert de Liam Finn implique inéluctablement son alter égo féminin Eliza-Jane, qui ne dénote en rien concernant la folie manifeste dans l’interprétation des titres.

Parlons-en d’ailleurs, des chansons. C’est sur qu’en balançant au bout de 5 minutes de set Better to Be archi giga musclée psyché le bonhomme allait se mettre le public parisien dans la poche assez facilement. Pourtant, jeter ainsi son single ainsi peut s’avérer casse-gueule pour continuer à captiver un auditoire. Mais comme je te l’ai dit, Liam Finn sur scène, c’est juste un fou que même des groupes qui croient qu’ils font du rock ressemblent à une peluche Popples sous prozac à côté. Même si la Maroquinerie n’affichera pas complet, l’on appréciera justement le fait de ne pas suinter comme une truie du Gévaudan, parce que mine de rien, il faisait chaud.

Bon en gros, t’as compris où je voulais en venir : t’as préféré aller voir Johnny Hallyday, c’est ton droit, l’erreur est humaine. Mais sache qu’une poignée de Parisiens (400 sur 13 millions, je te laisse faire le calcul du ratio) a pris son pied sans avoir à se trimballer un télescope 1600mm pour voir un artiste qui mérite le détour (t’as déjà fait un concert au Stade de France ? Bah y en a qui ont du voir Johnny encore moins bien que quand tu te penches par terre et que tu vois des fourmis). Encore faut-il aimer les fêlés du bocal – scéniquement parlant, bien entendu.

publié par Rod le 01.06.09

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  1. 5.06.2010 | 05.06.10 : Videos » HibOO d’Scene : Lilly Wood and the Prick à la Maroquinerie | Le HibOO

Un commentaire

  1. antoine 3.06.09 | 20:25

    Je faisais partie des 400, et oui c’était époustouflant, assez déroutant par rapport à l’album plutot tranquille: là c’est un vrai fou furieux qui défonce sa batterie, sort des solos de guitares déjantés, bref une vraie performance. Mon ami regrettait un peu cette surenchère, car les chansons tiennent bien la route sans forcément en faire des tonnes, mais à 2 ils font vraiment beaucoup de bruit !

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