Peter Doherty – Grace / Wastelands
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Tracklist
- Arcady
- Last Of The English Roses
- 1939 Returning
- A Little Death Around...
- Salome
- I Am The Rain
- Sweet By And By
- Palace Of Bone
- Sheepskin Tearaway
- Broken Love Song
- New Love Grows On Trees
- Lady Don't Fall Backwards
Délicatesse et poésie. Qu’il agace ou fascine, Pete Doherty peut se vanter de la quasi-unanimité qui règne autour de son nouvel album. Tous ont assisté à un véritable retour en grâce du junkie le plus célèbre d’outre-manche. Premiers pas en solitaire. Cette fois, aucune étiquette Libertines ou Babyshambles derrière laquelle se retrancher. L’auteur compositeur anglais a le goût du risque et n’a pas fait les choses à moitié. Très loin du rock à la Clash, à présent l’heure des balades mélancoliques a sonné. Le résultat est aussi déroutant qu’éblouissant. Une douzaine de titres mélodieux et poignants sur fond d’arrangements élégants défilent doucement.
La délicate Arcady, sur laquelle Graham Coxon (Blur) accompagne l’artiste à la guitare acoustique, est l’ouverture parfaite. Un avant-goût de la tonalité romantique que le P(o)ete Doherty a souhaité donner à Grace / Wastelands. Son éternelle voix fêlée remplie de vulnérabilité – qui par moments sonne un peu faux sur New love grows on trees, c’est dommage – reprendra cette résonance aérienne quelques titres plus tard. On le retrouve dans l’ode à Salome, figure biblique pleine de charmes. Malgré un soupçon d’inachevé, elle reste une des chansons les plus apaisantes et planantes de l’album. Mais pas la plus belle, dont la palme revient sans doute à l’attachant 1939 returning ou à l’entraînant Sheepskin Tearaway.
Avant de revenir à ses premières amours, les mélodies plus rythmées, le jeu de séduction continue au son de Sweet by and by. Guitare électrique, piano, trompette, trombone. Des notes de jazz s’évadent. L’Anglais mystérieux n’a pas fini d’étonner par ses excursions musicales.
Dans son ensemble beaucoup plus calme et travaillé que ses prédécesseurs, Grace/Wastelands témoigne de la nouvelle identité que Peter Doherty souhaite s’approprier. Plus de maturité, de stabilité, de sincérité. Si l’album se fait toujours l’écho de nombreuses déchirures – amours brisées, solitude, guerre, passé -, il n’est pas totalement obscur. Emaillé de rimes et de métaphores, le léger I am the rain est un agréable intermède.
Le romantisme du dernier titre fait le même effet. Lady, don’t fall backwards, achève une guitare acoustique. Comme s’il s’agissait d’un avertissement. Que le poète savait déjà, la fin venue, que son œuvre imparfaite mais splendide, ferait inéluctablement chavirer.
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