Peter von Poehl (+ Fredo Viola) à la Cigale
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Une pop décomplexée pour l’un, une davantage tiraillée par la folk pour l’autre, mais toutes deux fusillées par des cerveaux bouillonnants. Une ouverture de rideau toute en demi teinte orchestrée par Fredo Viola suivi par Peter Von Poehl en véritable maître de cérémonie, au naturel déconcertant
Fredo Viola (www.myspace.com/fredoviola)
Fredo Viola doit beaucoup à Colt Seavers : son humour, son calme éthéré, mais surtout son goût du risque. Voyage en altitude à travers les styles sans passeport obligatoire, le musicien survole et flirte avec un chant au classicisme total, la folk US, de beats à l’electronica timide, la pop de A-ha (haute voltige entre Take On Me / The Sad Song), Sigur Ros ou encore Radiohead et les chants tortueux de Thom Yorke (I Will versus The Turn). A la découverte de l’artiste, car il s’agit bien là d’un véritable artiste, visionnaire, ultra créatif et débordant d’imagination, empli de curiosité, l’ on peut rester quelque peu décontenancé par l’approche musicale déroutante mêlant les rapports sonores entre eux et où l’on frôle presque la consanguinité. Mais l’homme s’en sort haut la main. Fredo Viola n’aime pas le pilotage automatique et conduit les membres de l’équipage et surtout les passagers à sauter sans parachute, dans un langage parfois incompréhensible, car pourquoi chanter lorsque l’on use de sons qui peuvent exprimer des mots? Pour qui veut bien l’entendre/le comprendre, bien sûr. L’atterrissage reste cependant d’être douloureux pour peu que le para amateur ne fléchisse pas assez les genoux en heurtant le sol. Quoiqu’il en soit, la reprise du Downtown de Petula Clark mettra tout le monde d’accord : ce gars là est inspiré !
Peter von Poehl (www.myspace.com/petervonpoehl)
Orné d’une pop/folk à la fois savoureuse et enjouée, le grand blond hypnotise une fois de plus l’auditoire. Armé de ses comptines personnelles, le gentleman à la blondeur impeccable séduit par son accent, son humour (May Day / Mayday / M’aider) et son envie mordante de faire partager la nature, le sens de ses chansons : ni politique, ni maussade… Aussi inspiré que sur Going To Where The Tea Trees Are, les titres du nouvel album de Peter Von Poehl – May Day – mettront cependant un certain temps avant de prendre leur rythme de croisière. Car même si la soirée reste en soit une réelle réussite, et comment dire le contraire avec les classiques The Story of The Impossible, A Broken Skeleton Key, Going to Where The Tea Trees Are – les plus récents et enjoués Parliament, An Eye For An Eye ou Lost In Space – l’on peut regretter un début de set un peu mou, qui traîne un chouilla les savates. Le suédois brille donc, aidé de musiciens hors paire, alignant les compositions aux mélodies légères et bombées d’arrangements raffinés. Certains attendaient sûrement Marie Modiano en première partie, il n’en fut rien, mais leur attente fut récompensée en voyant M. Peter inviter la belle brune et partager ainsi ensemble deux titres délectables. A suivre ou découvrir bientôt près de chez vous, n’est-ce pas Nico ?!
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