Rencontre avec Coeur de Pirate
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Décidément, il y a des lieux forts sympathiques pour faire des sessions & interviews : c’était le cas pour cette suite de l’Hôtel de Sers où nous avions une vue imprenable sur la Capitale…
Après avoir joué quelques morceaux, Cœur de Pirate s’installe pour l’interview singeant d’emblée les questions que potentiellement des français pourraient lui poser : « Alors tu viens du Québec ? Et les caribous ? Et le sirop d’érable ?« . Donc après avoir fait mine de rayer toute question à caractère touristique de notre liste, nous avons embrayé sur :
Autant commencer par la question la plus bateau tout de suite : Pourquoi Cœur de Pirate ?
Alors en fait au début j’avais commencé à faire Cœur de Pirate parce que je voulais pas utiliser mon nom, Béatrice Martin. J’avais trouvé ça un peu à la blague et puis avec le temps je l’ai gardé parce que je n’ose vraiment pas faire ça sous Béatrice Martin, je sais pas trop pourquoi. Et ça a pris son sens avec les mois, parce qu’un pirate c’est quelqu’un qui ne doit rien à personne et je trouvais que ça s’appliquait bien à ma musique, donc voilà.
Ici, on ne te connait pas encore vraiment, est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur ton parcours ?
J’ai commencé le piano à 3/4ans et euh … j’ai sorti mon disque cœur de Pirate au Québec en septembre 2008. J’avais enregistré des démos à peine 6 mois auparavant, c’est donc arrivé vraiment très vite, et c’était génial. Si on me connaît en France maintenant, c’est qu’un gars des Inrocks était venu me voir aux Francofolies (de Montréal, NDLR) et à partir de là, ça a un peu déboulé. Sinon un peu avant j’étais dans un groupe mais rien de super concret, juste musicienne à temps partiel.
En général, en France, quand on nous annonce une chanteuse québécoise on a tout de suite l’image en tête de chanteuses à voix capables de chanter un contre-ut en voix de gorge. Donc comment tu situes ton « abordage » du public français ?
Je fais partie d’une nouvelle vague de chanteurs tout court, je veux dire même en France ça se fait de plus en plus, les gens se tournent vers des songwriters, vers les gens qui ne sont pas nécessairement des chanteurs à voix. Les gens sont un peu … – « ennuyés » ? » moi je dis « tannés » – les gens sont un peu tannés de l’interprète seul.
Au Québec on avait beaucoup de chanteurs à voix qui ont fonctionné en France pendant plusieurs années et là il y en a plusieurs qui s’en viennent comme moi, qui ne sont pas forcément à fond dans les notes qui percent les tympans mais c’est cool aussi. Il y a Ariane Moffatt, Pierre Lapointe, Stéphanie Lapointe qui s’en vient aussi, Les Cowboys Fringants, moi … il y en a plein et pour ça c’est génial que les gens soient ouverts d’esprit et se tournent vers ceux qui écrivent leurs propres chansons.

Sur la version française de ton album, la tracklist a été remaniée et la chanson « Pour un infidèle » est interprétée en duo avec Julien Doré et non plus Jimmy Hunt. Comment as-tu été amenée à le choisir pour ce duo ?
On m’a proposé de faire un duo avec un chanteur français donc j’ai dit « pourquoi pas, ça pourrait être drôle ». Donc on m’a donné un choix à faire. Moi j’aimais beaucoup Julien Doré que j’avais connu via Perez Hilton, car son disque n’était pas sorti chez nous et on n’a pas la Nouvelle star ni rien de tout ça. Donc on me l’a proposé et j’ai dit que ça pourrait fonctionner. Finalement ça a été une heureuse rencontre et le duo a bien fonctionné. C’est un mélange d’univers très différents mais qui vont très bien ensemble à la fois.
parce qu’un pirate c’est quelqu’un qui ne doit rien à personne et je trouvais que ça s’appliquait bien à ma musique
A l’écoute de ton album, une question vient naturellement: est-ce que l’aspect festif des mélodies est là pour faire contrepoids avec les textes plutôt mélancoliques ?
Oui c’est de l’ironie, j’y ai parlé entre autre de mon adolescence, qui n’était pas nécessairement des plus jojos et je voulais vraiment faire cette espèce de contraste : même si tu vis des trucs très difficiles tu peux quand même t’en remettre et c’est pour ça qu’à première écoute tu te dis « d’accord la chanson est mignonne, c’est cool » mais après tu fouilles un peu et tu te rends compte que ce n’est pas tout le temps super génial comme histoire. J’ai voulu vraiment faire ça pour cet album là.

Tes chansons ont souvent un gimmick thématique, c’est quelque chose qui te vient naturellement ou tu as des influences particulières ?
Ça vient naturellement, c’est toutes mes influences mises en un. Que tu le veuilles ou non à chaque fois que tu écoutes de la musique ça s’imprègne dans ce que tu fais. J’ai grandi en écoutant beaucoup ce qu’écoutaient mes parents : ça allait de Genesis à Francis Cabrel, à Dean Martin, à Cat Stevens … donc j’ai été imprégnée par ça. Ma mère était pianiste classique donc d’une certaine façon le classique se reflète dans ce que je fais, dans mes compositions. Donc je m’inspire de ces influences et puis de tout, c’est normal, et ça donne Cœur de Pirate.
Est-ce qu’il y a des artistes français, de la scène actuelle ou non, que tu aimes particulièrement ?
Oui oui, il y a Julien Doré, Cocoon, Émilie Simon, Renan Luce … c’est drôle les artistes que j’aime sont tous sur mon label ! Il y en a plein d’autres et même au niveau de l’électro, il y a de quoi tripper sur Para One et Justice.
Et à l’inverse, est-ce qu’il y a des artistes québécois qui ne sont pas connus ici mais que tu conseillerais d’écouter ?
Malajube, ce n’est pas assez connu ici et ça devrait car c’est génial. Sinon Pierre Lapointe, qui a déjà fait un peu sa marque ici, mais ça devrait encore plus. Et puis Ariane Moffatt qui va sortir son nouveau disque ici bientôt.
» www.myspace.com/coeurdepirate
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ELIZ 17.05.09 | 13:27
Découvert à Taratata, son concert à la Boule Noire a été un vrai bonheur!