Nightwish au Zénith : à moitié rempli, mais complètement conquis
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Montreux Jazz Festival (Montreux) - 12 juillet
Pain
Z7 Konzertfabrik (Pratteln) - 12 novembre
Le Trabendo (Paris) - 13 novembre
Le Zénith
Michel Teló (21 mai)
Justice (23 mai)
Métal symphonique féminin. Tout un programme. Ce qui apparaissait de prime abord comme un truc relativement lourd à digérer fut un très bon hors d’oeuvre pour la soirée (le dessert étant The Rakes au Baron). Retour sur un concert très haut en couleurs.
- Date : 24.03.09
- Adresse : 211 avenue Jean Jaurès 75019 PARIS
- Téléphone : 01.44.52.54.60
Epica, Nightwish, Within Temptation, Lacuna Coil, The Gathering … autant de groupes qui au milieu des années 90 ont permis aux femmes de s’imposer dans un style monopolisé par de virils mâles aux voix rocailleuses. Outre la finesse apportée, créant un véritable choc auditif (musique agressive vs voix lyrique, l’allégorie du genre étant sans doute Mandylion de The Gathering sorti en 1995), ces groupes – pratiquement tous issus des pays nordiques – ont su évoluer au fil du temps, faisant fi des modes du moment. Nightwish a failli rendre l’âme et par là même, failli faire pleurer des millions d’yeux imbibés d’une tristesse infinie. C’était en l’an de grâce 2005, lorsque la sublime – et agaçante, et vice versa – Tarja Turunen est remerciée et décide de s’envoler vers des horizons plus commerciaux. Une audition de 2000 chanteuses (oui, les Finlandais ne font jamais les choses à moitié) et 2 ans plus tard, Anette Olzon (Alyson Avenue) reprend le flambeau. Certes la blonde n’est pas aussi « parfaite » sur le plan sculptural que Tarja ; en revanche, son timbre est de loin moins maniéré, et la tessiture agrandie. En d’autres termes, le groupe s’est paré d’une nouvelle arme infaillible.
Le public parisien – dont une bonne partie était déjà venu la veille – va devoir toutefois patienter avec deux autres formations avant de connaître l’extase.
Indica (www.myspace.com/theindicaband)
Imaginez des Pussycat Dolls ayant décidé de prendre en main des instruments, et de les martyriser comme leurs congénères masculins ; à peu de choses près, c’est le cocktail détonnant qu’offre Indica. Le problème, c’est que le groupe attire davantage les yeux que les oreilles. Compositions répétitives, poses calculées … on s’ennuie vite. Heureusement, la formation finlandaise a quelques atouts pour sauver la prestation ; d’une part, Jonsu, la tête pensante (et accessoirement la chanteuse, violoniste, auteure et blabla blabla) possède un charisme surnaturel, et n’hésite pas à en abuser. D’autre part, le groupe offre au Zénith de Paris l’une des plus belles reprises imaginables de Wuthering Heights de Kate Bush, incroyablement proche de la version originale (surtout vocalement, d’où la stupéfaction lors de la cover, tant il faut avoir un timbre très particulier pour oser s’affronter à l’anglaise … et ça permet d’oublier cette affreuse version d’André Matos lorsqu’il officiait encore chez Angra). Mais ne leur jetons pas la pierre ; dans les années 80, le seul groupe 100% féminin osant se frotter à des riffs acérés répondaient au doux patronyme de Vixen, et le niveau était très en deça entendu ce soir. A noter qu’Indica ne chante quasiment qu’en finnois, ce qui limite la compréhension des thèmes abordés. Quoiqu’il en soit, les pétillantes donzelles avaient l’air heureuses, et assurent clairement niveau show. Parfois, le mieux est l’ennemi du bien.
Pain (www.myspace.com/pain)
Changement de registre, de décor et de style : Pain, quelque part, est un OVNI entouré de groupes à voix féminines. Ici, la bestialité est de mise, engendrée par un quator qui veut conquérir le Zénith avec la même verve qu’un Huruk Haï se dirigeant vers le gouffre de Helm. Les Suédois vont rapidement se mettre le public dans la poche avec des ingrédients simples, efficaces, éprouvés : la voix rocailleuse et irritée de Peter Tägtgren, des riffs percutants et entêtants, une précision métronomique, une basse lourde, une batterie martelée sans le moindre temps mort. On aurait pu caresser l’espoir de voir apparaître Anette Olzon pour les éventuels featurings présents sur l’album Cynic Paradise … autre déception (sauf erreur ou disparition momentanée dans un vortex spatio-temporel), le magnifique titre Play Dead n’a pas été interprété. Qu’importe, Pain fait partie de ces excellentes surprises que l’on n’attend pas forcément en guise de première partie. A écouter sur le Myspace du groupe : Zombie Slam, titre qui condense à la perfection l’esprit du groupe.
Nightwish (www.myspace.com/nightwish)
21h35 … il sera impossible de rester jusqu’à la fin du concert, puisque Le Baron accueille à 23h (à l’avenir, je saurai que 23h Baron équivaut à 00h20 pour le reste de la Capitale) The Rakes (comment symboliser à merveille l’expression passer du coq à l’âne). Le public exulte dès l’introduction merveilleuse qui donne le ton : Nightwish est un groupe qui aime faire plaisir à son public, et se donne les moyens pour le satisfaire. Effets pyrotechniques, lights démesurées, décor colossal (un fond marin où git une ancre immense, des récifs, et quelques débris fantomatiques d’épaves … non, ce n’est pas la Comédie Musicale de Pirates des Caraïbes, mauvaises langues), fumigènes … tout est soigneusement distillé pour que les Parisiens oublient la carcasse métallique et froide du Zénith pour les embarquer dans un autre univers. Et cette mise en scène autant kitsch que parfaitement assumée, couplée à la voix incroyable d’Anette Olzon, sans oublier ces mélodies très « bandes originales de film » font mouche. La nouvelle chanteuse s’est réappropriée l’ancien répertoire avec une aisance déconcertante (bon OK, sur Ghost Love Score, elle n’arrive pas à « faire aussi bien »), et l’on s’en prend plein les mirettes. Alors oui, comparé à du Grégoire, Nightwish serait quelque chose se rapprochant du rococo – très démonstratif et exhubérant à l’extrême – mais diantre, quelle claque ! Et c’est un HibOO qui a vomi sur ce groupe depuis sa naissance qui vous le dit, alors vous pouvez me croire les yeux ouverts. Et puis avouez, un groupe qui a le sourire aux lèvres alors qu’il exécute des trucs pas possibles sur le plan technique, ça change quand même des groupes de rock anglais qui tirent la tronche et qui ne semblent pas être heureux de jouer sur scène. Enfin je dis ça, j’ai quand même préféré aller voir The Rakes, comme quoi, l’universalité de théories foireuses …
Rover – Late Night Love (extrait du court-métrage de Mr Chut)
Clip : Ornette ‘Crazy’
19 ans plus tard, Adieu les Black Sessions

Indooruniverse 26.03.09 | 08:14
Un seul mot : Bravo… pour les photos d’abord ! Magnifiques (mais tu nous avais habitué avec les clichés d’Emily, ce qui m’avait d’ailleurs dissuadé de continuer !).
Et puis je me retrouve totalement, ou presque, dans tes commentaires, notamment sur Nigthwish où, effectivement, voir des musiciens sourire et plaisanter pendant qu’ils officient est suffisamment rare pour qu’on le souligne ! Bon, seul bémol, la tenue de m…de de Annette ! Mais bon, ça reste de l’anecdote ! Une très bonne soirée, en somme ! Même si j’étais entouré de fans bourrus et poilus qui chantaient forts…et faux !
V. 27.03.09 | 20:55
Hey Indy, il n’y avait pas que des fans poilus quand même ;-) c’est vrai que les cris de certains effrayants, brrrrr Est-ce qu’ils s’entraînent dans leur salle de bains ?
Merci pour ce chouette compte rendu Rod. Je me suis permise de reprendre deux de tes photos sur mon petit article http://www.cupcake.fr/culture/musique/nightwish-concert-zenith/
Indooruniverse 28.03.09 | 22:59
Hey V. Nan nan, y avait pas que de gros (ou pas) mâles virils (ou pas)… y avait aussi de jolies groupies, notamment deux repérées tout près de la scène, à droite, sous les baffles… J’imagine qu’elles doivent être sourdes désormais… :)
V. 29.03.09 | 10:59
Oui, on déplore la mort d’une oreille droite