Mathieu Boogaerts à l’Alhambra
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Pour son vrai premier concert de la tournée Mathieu Boogaerts a offert concert puissant, servi par une scénographie radicale
- date : 13.03.2009
- adresse : 21 rue Yves Toudic, 75010, Paris
- téléphone : 01.40.20.40.25
- Web : www.alhambra-paris.com
Avec son cinquième album, Mathieu Boogaerts avait surpris tout le monde en mettant de côté l’ambiance « intimiste » des deux précédents albums, et en revenant à une formule basée sur la batterie (son premier instrument), plus puissante, plus funky.
Lors de ce premier vrai concert parisien, qui lançait sa tournée (après la fin de résidence à Sannois), il est parvenu à aller encore plus loin. Jouant l’intégralité de l’album « I love you », et près d’une dizaine d’anciens morceaux revisités, Mathieu n’avait sans doute jamais donné un concert aussi puissant, aussi funky, aussi rock, même si ces mots sont réducteurs, tant son univers musical reste personnel. Ceux qui l’ont vu en solo auront du mal à le croire, mais Mathieu jouait fort, poussait sa voix parfois, ne lâchant sa fender télécaster que pour jouer un peu de batterie sur une amusante reprise de jesse garon. Boogaerts a rappelé qu’il était un guitariste incroyable, et inimitable (ses copains Matthieu Chédid, Thierry Stremler ou JP Nataf, présents dans la salle, ont pu apprécier) et s’est révélé un vrai showman.
Quelques chansons seul à la guitare electrique, et un morceau soutenu par 17 jeunes filles d’une chorale de Sannois ont complété le tableau et achevé de faire grimper la côté d’amour de Mathieu auprès d’un public conquis, criant plus que d’habitude, riant, chantant et le poussant dans ses derniers retranchement pour – après deux rappels – revenir une troisième fois, (alors que les ingénieurs du son commençaient déjà à se lever de leur console) et entamer une version de « l’espace » que les musiciens n’avaient visiblement vraiment pas prévu de jouer.
Ce morceau concluait parfaitement un concert dont la mise en espace était plus que réussie. En effet, la scénographie originale, radicale même, lui a permis de se sublimer. Fait inédit pour un concert, le plateau de l’Alhambra était quasiment vide, sans aucun câble electrique le traversant, la batterie et les amplis tenant sur une seule structure roulante, que Mathieu déplaçait (avec le batteur dessus) au grès des morceaux, jouant avec l’espace redessiné grâce aux lumières… Alors que le résultat aurait pu être un peu froid, la qualité des lumières et la bonne humeur communicative du chanteur lui ont permis de véritablement occuper ce grand espace vide. A chaque morceau, les trois musiciens changeaient de places, libres comme l’air, sur leurs chaussures sur lesquelles ils avaient adapté des roulettes … Cette scénographie servait largement la musique de Boogaerts, faite d’espaces, de notes et de rythme suspendus et – même dans cette version détonnante - de silences.
Mathieu Boogaerts parvient toujours à aller là où on ne l’attend pas, tout en conservant sa forte personnalité, ce concert en a été la démonstration magistrale.
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